
Le piège du fumeur mixte n’est pas le cannabis, mais la double dépendance à la nicotine entretenue par le tabac dans les joints, que la vape permet de neutraliser.
- La cigarette électronique permet de dissocier chirurgicalement l’apport en nicotine du rituel de consommation de cannabis.
- Les e-liquides aux sels de nicotine sont un levier stratégique au démarrage pour imiter le pic rapide de la combustion et éviter la frustration.
Recommandation : La clé est un sevrage progressif et contrôlé, en traitant la dépendance physique à la nicotine comme une priorité avant de s’attaquer au rituel comportemental du cannabis.
Pour des milliers de fumeurs en France, le rituel est immuable : le joint du soir, roulé avec une dose de tabac. Cette habitude, souvent perçue comme une simple consommation récréative de cannabis, cache une réalité bien plus complexe : une double dépendance où le tabac n’est pas un simple ajout, mais le véritable moteur d’une addiction tenace. La peur n’est alors pas tant d’arrêter le cannabis que de perdre ce moment, ce geste, cette sensation, indissociable du « hit » nicotinique fourni par la combustion. Vous vous reconnaissez ? Vous avez probablement déjà pensé à arrêter, mais l’idée de devoir abandonner les deux en même temps vous semble insurmontable.
Face à ce dilemme, les conseils habituels oscillent entre l’injonction moralisatrice (« il faut tout arrêter d’un coup ») et des solutions partielles qui ignorent le cœur du problème. On vous a peut-être parlé des e-liquides au CBD ou des substituts nicotiniques classiques comme les patchs. Mais ces approches échouent souvent car elles ne s’attaquent pas à la synergie destructive créée par le mélange tabac-cannabis. Elles ignorent le rôle du tabac comme un « leurre nicotinique » qui vous maintient prisonnier d’une addiction que vous pensez maîtriser.
Et si la solution n’était pas de remplacer, mais de déconstruire ? Si la cigarette électronique, souvent décriée ou mal comprise, était en réalité l’outil le plus pragmatique et le plus chirurgical pour un fumeur mixte ? L’angle que nous défendons ici est celui de la réduction des risques : utiliser la vape non pas comme une fin en soi, mais comme un levier stratégique pour dissocier méthodiquement vos dépendances. Il ne s’agit pas de « passer à la vape », mais d’utiliser la vape pour isoler le problème de la nicotine, le traiter efficacement, et ainsi vous donner la liberté de gérer ensuite votre consommation de cannabis sans être esclave du tabac.
Cet article n’est pas un plaidoyer pour la vape, mais un guide de combat pragmatique. Nous allons décortiquer, étape par étape, comment reprendre le contrôle. De la gestion du besoin impérieux de nicotine avec les bons outils à la recréation de la sensation en gorge, en passant par le démantèlement du rituel du joint du soir, vous découvrirez une stratégie concrète, chiffrée et conçue pour vous, le fumeur « hybride » qui veut s’en sortir sans tout sacrifier d’un coup.
Pour vous guider dans cette démarche de transition, cet article est structuré pour répondre de manière progressive à toutes les questions que vous vous posez. Chaque section est une étape vers la reprise de contrôle de votre consommation.
Sommaire : La stratégie de sevrage tabagique pour le fumeur mixte via la cigarette électronique
- Pourquoi le mélange tabac-cannabis multiplie les risques d’addiction ?
- Pourquoi les sels de nicotine sont-ils indispensables les 15 premiers jours ?
- Cigarette électronique : est-ce vraiment efficace pour arrêter le tabac roulé ?
- Vape vs Fumée : comment retrouver le « hit » qui gratte la gorge ?
- Inhalation indirecte : comment retrouver la sensation du « clope-joint » sans combustion ?
- Budget clopes vs Vape : combien économiserez-vous réellement la première année ?
- L’erreur de garder le joint du soir en vapotant la journée
- Résistance brûlée : les 3 signes qui doivent vous alerter immédiatement
Pourquoi le mélange tabac-cannabis multiplie les risques d’addiction ?
Le premier pas vers la libération est de comprendre la nature de sa prison. Le mélange tabac-cannabis n’est pas une simple addition de deux substances, c’est une synergie destructive qui potentialise les dépendances. En France, où la culture du « joint » est très répandue, beaucoup de consommateurs de cannabis sont en réalité avant tout des fumeurs de tabac qui l’ignorent. Le tabac ajouté au cannabis accélère l’absorption du THC, mais il installe surtout une dépendance à la nicotine beaucoup plus insidieuse et puissante que celle au cannabis lui-même.
Ce mécanisme est un cercle vicieux. Chaque joint fumé avec du tabac renforce la dépendance à la nicotine. L’envie de fumer un joint devient alors indissociable de l’appel du corps pour sa dose de nicotine. Vous ne fumez plus seulement pour les effets du cannabis, mais aussi pour calmer le manque de tabac. Cette situation est un frein majeur au sevrage, car même en souhaitant arrêter le cannabis, la dépendance physique à la nicotine reste intacte et pousse à la rechute. Le contexte français est particulièrement préoccupant ; selon l’OFDT, la consommation de cannabis en 2021 place la France en tête de l’Europe avec 21,8% des 15-34 ans en France l’ayant expérimenté dans l’année, une large part via ce mode de consommation mixte.
Cette double dépendance est si entremêlée que les experts insistent sur une approche globale. Comme le rappellent Alice Deschenau et ses confrères dans une publication pour la Société Française d’Alcoologie, il est crucial d’adopter une stratégie unifiée :
Il est essentiel de prévoir un traitement mixte du sevrage tabac et cannabis – même si le fumeur de cannabis ne souhaite pas arrêter le tabac -, compte tenu de l’effet renforçateur des deux substances psychoactives
– Alice Deschenau et al., Société Française d’Alcoologie
C’est précisément là que la vape intervient comme un outil de dissociation. Elle permet de continuer à satisfaire le besoin en nicotine de manière contrôlée, tout en séparant ce besoin de l’acte de consommer du cannabis. C’est la première étape pour déconstruire l’addiction : isoler l’ennemi principal, la nicotine.
Pourquoi les sels de nicotine sont-ils indispensables les 15 premiers jours ?
Une fois la décision prise de dissocier les consommations, le combat contre le manque de nicotine commence. Et c’est un combat qui se gagne dans les premières minutes. Un fumeur de cigarettes ou de joints-tabac est habitué à un « shoot » de nicotine quasi-instantané. La combustion délivre la nicotine au cerveau en quelques secondes, créant un pic de satisfaction rapide et intense. C’est le principal défi à relever : si la vape ne parvient pas à imiter cette rapidité, la frustration s’installe et le retour à la cigarette devient presque inévitable.
C’est là que les sels de nicotine entrent en jeu comme une arme stratégique. Contrairement à la nicotine « base » des e-liquides traditionnels, les sels de nicotine ont une structure chimique qui permet une absorption beaucoup plus rapide par l’organisme, se rapprochant de la vitesse de la cigarette. Pour un primo-vapoteur, surtout un fumeur mixte, c’est la garantie d’obtenir une satisfaction quasi-immédiate lors des moments de manque intense. Cette efficacité n’est pas anecdotique ; une étude française de 2024 a mis en lumière une réduction de 40% des rechutes tabagiques chez les utilisateurs de sels de nicotine durant les premières semaines de sevrage.
L’autre avantage majeur est le confort. Les sels de nicotine permettent d’utiliser des taux de nicotine élevés (typiquement 20 mg/ml) sans provoquer le « hit » (la sensation de grattage en gorge) agressif et souvent désagréable de la nicotine-base à des dosages équivalents. Cela permet de combler efficacement le besoin nicotinique sans tousser, une condition sine qua non pour adopter la vape durablement. Le tableau suivant illustre parfaitement cette différence fondamentale.
| Type de produit | Absorption nicotine | Pic nicotinique | Sensation gorge |
|---|---|---|---|
| Cigarette classique | 2mg par cigarette | 30-60 secondes | Forte irritation |
| E-liquide nicotine libre | 35% du contenu | 5-10 minutes | Hit agressif dès 6mg/ml |
| Sels de nicotine | 35% du contenu | 1-3 minutes | Doux même à 20mg/ml |
Le choix des sels de nicotine pour démarrer n’est donc pas une option, c’est une décision tactique. C’est se donner les moyens de rivaliser avec l’efficacité redoutable de la cigarette dès le premier jour, en neutralisant le manque avant même qu’il ne devienne une pensée de rechute.
Cigarette électronique : est-ce vraiment efficace pour arrêter le tabac roulé ?
La question est directe et mérite une réponse sans détour : oui, la cigarette électronique est un outil d’une efficacité redoutable pour arrêter le tabac, y compris le tabac roulé. Mais son efficacité n’est pas magique, elle est conditionnée par une bonne utilisation et une stratégie claire. Pour le fumeur de roulées, souvent habitué à un goût plus fort et un geste particulier, la transition peut sembler plus complexe. Pourtant, les fondamentaux restent les mêmes : la vape permet de gérer à la fois la dépendance pharmacologique (nicotine) et comportementale (geste, vapeur).
De nombreux tabacologues, initialement sceptiques, reconnaissent aujourd’hui son potentiel dans une approche de réduction des risques. Le Pr Bertrand Dautzenberg, pneumologue et figure reconnue de la tabacologie en France, le confirme de manière pragmatique :
Il y a une chance accrue de sevrage tabagique sous e-cigarette
– Pr Bertrand Dautzenberg, Pneumologue à l’Institut Arthur Vernes
Cette efficacité se reflète dans les tendances de santé publique. Alors que le vapotage gagne du terrain comme outil de sevrage, on observe des changements notables dans les comportements, notamment chez les plus jeunes. L’OFDT confirme que le tabagisme quotidien chez les adolescents recule, avec 16% à 17 ans en 2022 contre 25% en 2017, une baisse concomitante à l’essor d’alternatives moins nocives.

Pour le fumeur mixte (tabac-cannabis), l’enjeu est double. La vape doit non seulement remplacer la cigarette, mais aussi « casser » le lien avec le joint. C’est en cela qu’elle est particulièrement pertinente. En fournissant une source de nicotine propre et contrôlable tout au long de la journée, elle diminue drastiquement le besoin de fumer des cigarettes… et par conséquent, le besoin d’ajouter du tabac dans son joint pour combler un manque. La vape devient un rempart qui empêche la dépendance nicotinique de dicter la consommation de cannabis.
Vape vs Fumée : comment retrouver le ‘hit’ qui gratte la gorge ?
L’un des principaux freins à l’adoption de la vape est la quête du « throat hit », cette sensation de picotement ou de contraction dans la gorge, si caractéristique de la fumée de cigarette. Pour beaucoup de fumeurs, son absence est synonyme d’inefficacité, créant une frustration qui pousse à la rechute. C’est un besoin physique et psychologique légitime. La bonne nouvelle, c’est que ce « hit » n’est pas l’apanage de la combustion. Il est tout à fait possible de le reproduire, et même de le moduler avec précision, grâce à la vape. Il suffit de comprendre les leviers qui le gouvernent.
L’ingénierie de cette sensation repose sur trois piliers principaux. Il ne s’agit pas de trouver « le » bon e-liquide, mais de créer une alchimie entre le liquide, le matériel et la manière de vapoter. C’est une démarche active où vous devenez le maître de vos sensations, contrairement à la cigarette où le « hit » est une constante subie. Les marques françaises comme Alfaliquid Original et D’lice l’ont bien compris, en proposant des gammes spécifiquement conçues pour maximiser ce ressenti, très prisées par les anciens fumeurs en transition.
Étude de cas : Les gammes françaises réputées pour leur hit puissant
Les marques françaises Alfaliquid Original et D’lice proposent des e-liquides avec des ratios riches en Propylène Glycol (PG), comme 70/30 ou 80/20, spécifiquement conçus pour les vapoteurs recherchant un hit prononcé similaire à la cigarette traditionnelle. Ces e-liquides sont particulièrement appréciés des anciens fumeurs français en transition, car ils répondent à ce besoin sensoriel crucial pour un sevrage réussi.
Pour prendre le contrôle de votre « hit », vous pouvez agir sur plusieurs paramètres complémentaires. L’idée est de trouver votre propre réglage, celui qui vous apportera une satisfaction optimale sans être désagréable. Voici les principaux leviers à votre disposition :
- Augmenter le ratio PG : Le Propylène Glycol (PG) est le principal responsable du « hit ». Privilégiez des e-liquides avec un ratio de 70/30 ou même 80/20 (PG/VG) pour une sensation maximale.
- Choisir des arômes spécifiques : Certains arômes amplifient naturellement la sensation en gorge. Les saveurs mentholées, d’agrumes (citron, pamplemousse) ou les arômes « classic » (imitant le tabac) sont connus pour leur « hit » plus prononcé.
- Ajuster le matériel : Un tirage serré, dit « MTL » (Mouth To Lung / Inhalation Indirecte), concentre la vapeur et maximise l’impact en gorge. Un airflow (flux d’air) très ouvert diluera la vapeur et réduira le hit.
Inhalation indirecte : comment retrouver la sensation du « clope-joint » sans combustion ?
Pour un fumeur de cigarettes ou de joints, le geste est aussi important que la substance. L’acte d’aspirer la fumée dans la bouche avant de l’inhaler dans les poumons – l’inhalation indirecte ou « Mouth To Lung » (MTL) – est un rituel profondément ancré. C’est souvent là que la transition vers la vape échoue : beaucoup de débutants se voient proposer du matériel puissant, conçu pour l’inhalation directe (comme une chicha), qui produit d’énormes nuages de vapeur mais ne correspond en rien à leurs habitudes.
La clé pour retrouver la sensation du « clope-joint » est de choisir un matériel spécifiquement conçu pour le tirage serré (MTL). Ces dispositifs, souvent des « pods » compacts et simples d’utilisation, sont conçus pour imiter la résistance à l’aspiration d’une cigarette. La vapeur est moins abondante, plus chaude et plus concentrée en saveurs, offrant une expérience sensorielle très proche de ce que vous connaissez. Associé à des sels de nicotine pour la satisfaction rapide, c’est le combo gagnant pour une transition réussie.

Reproduire cette sensation n’est pas seulement une question de matériel, mais aussi de réglages fins et de choix de consommables. L’objectif est de recréer un écosystème complet qui imite le plus fidèlement possible votre ancienne habitude, la toxicité en moins. La checklist suivante vous aidera à auditer votre configuration pour l’optimiser dans ce sens.
Votre plan d’action : configurer la vape pour un tirage « joint »
- Choix du matériel : Optez pour un pod MTL avec un airflow (flux d’air) réglable. Des modèles comme le Vaporesso XROS ou le Kiwi Vapor sont des références en la matière, reconnus pour leur tirage serré.
- Réglage de la puissance : Ne cherchez pas la puissance maximale. Réglez votre appareil entre 10 et 15 watts. Une chauffe douce préserve les arômes et offre une vapeur tiède, similaire à la fumée.
- Sélection du e-liquide : Privilégiez un ratio PG/VG de 70/30 pour accentuer le « hit ». Pour le goût, tournez-vous vers des saveurs « Classic Brun » ou « Classic Blond » qui imitent les notes du tabac.
- Optimisation de l’embout : L’embout buccal (drip-tip) joue un rôle. Certains vapoteurs utilisent des drip-tips en coton ou en papier (filtres) pour simuler parfaitement la sensation du filtre en carton d’une roulée.
- Technique de vapotage : Prenez des bouffées longues et douces, comme vous le feriez avec une cigarette, plutôt que des inspirations courtes et fortes. Laissez la vapeur en bouche quelques instants avant d’inhaler.
En suivant ces points, vous ne vous contentez pas de vapoter ; vous « ingénieriez » une expérience sur-mesure qui répond précisément à vos besoins de fumeur en transition. C’est reprendre le contrôle total sur les sensations.
Budget clopes vs Vape : combien économiserez-vous réellement la première année ?
Au-delà de l’argument sanitaire, il y a un levier de motivation massif et indiscutable : l’argent. Fumer coûte cher, très cher. Chaque paquet de cigarettes, chaque blague à tabac est une ponction directe sur votre pouvoir d’achat. Pour un fumeur mixte, le calcul est encore plus douloureux, cumulant le coût du tabac industriel ou à rouler et celui du cannabis. Alors que le chiffre d’affaires global du tabac en France continue d’atteindre des sommets, avec 19,3 milliards d’euros en 2024, passer à la vape représente une opportunité spectaculaire de rediriger cet argent vers des projets plus constructifs.
Certes, l’investissement initial dans un kit de cigarette électronique peut sembler un coût (entre 30 et 70 euros en moyenne). Mais cette dépense est très rapidement amortie. La consommation se résume ensuite à l’achat de e-liquides et au remplacement périodique des résistances. Le calcul est simple : même pour un vapoteur intensif, le coût annuel de la vape est sans commune mesure avec celui du tabagisme.
Le tableau ci-dessous met en perspective les économies potentielles pour différents profils de fumeurs. Ces chiffres, basés sur des moyennes de consommation, sont volontairement conservateurs. Pour un fumeur mixte, l’économie est encore plus significative car la vape, en traitant le besoin de nicotine, réduit mécaniquement l’envie et donc la fréquence de consommation de joints mélangés au tabac.
| Profil consommateur | Coût annuel tabac | Coût annuel vape | Économie |
|---|---|---|---|
| 10 cigarettes roulées/jour | 1825€ | 600€ | 1225€ |
| 20 cigarettes + 2 joints/jour | 3650€ | 900€ | 2750€ |
| Gros fumeur mixte (30+) | 5475€ | 1200€ | 4275€ |
Concrètement, l’économie annuelle peut représenter l’équivalent d’un treizième mois, de vacances ou du financement d’un projet personnel. C’est une motivation tangible et immédiate. Tenir un simple cahier de comptes ou utiliser une application de suivi d’économies peut agir comme un puissant renforçateur positif tout au long de votre parcours de sevrage. Chaque euro non dépensé dans le tabac est une victoire concrète.
L’erreur de garder le joint du soir en vapotant la journée
Vous avez fait le plus dur : vous avez adopté la vape, vous gérez votre manque de nicotine la journée et vous avez considérablement réduit, voire arrêté, les cigarettes. Mais il reste ce dernier bastion, ce « petit plaisir » : le joint du soir. C’est l’erreur la plus commune et la plus contre-productive. En pensant conserver un simple rituel de détente, vous maintenez en réalité votre ennemi numéro un à l’intérieur de la place forte : la dépendance à la nicotine.
Garder ce joint roulé avec du tabac, même un seul par jour, revient à entretenir le feu de l’addiction. Chaque bouffée réactive les récepteurs nicotiniques de votre cerveau et annule une partie des efforts de la journée. C’est un message contradictoire que vous envoyez à votre corps, rendant le sevrage complet beaucoup plus long et difficile. Tabac Info Service, le service officiel d’aide à l’arrêt, est formel sur ce point :
La poursuite de la consommation de cannabis est un véritable frein pour le sevrage tabagique : lorsque l’on fume du cannabis, on poursuit de fait sa consommation de tabac et on maintient ainsi sa dépendance à la nicotine ainsi que l’habitude gestuelle
– Tabac Info Service, Service officiel d’aide à l’arrêt du tabac
La solution n’est pas de tout supprimer brutalement, mais d’appliquer la même logique de dissociation. L’objectif est de séparer le cannabis du tabac. Pour cela, un plan progressif est la meilleure approche. Il permet de déshabituer votre cerveau de l’association « joint = tabac » tout en trouvant de nouvelles stratégies de relaxation.

Voici un plan d’action pragmatique sur quatre semaines pour démanteler ce dernier rituel toxique :
- Semaine 1 : Réduisez la quantité de tabac dans votre joint de moitié. Compensez le manque de nicotine en utilisant votre vape juste avant ou juste après.
- Semaine 2 : Remplacez un joint sur deux par une alternative sans combustion. Vous pouvez utiliser un e-liquide au CBD dans votre vape ou simplement prendre un temps de relaxation différent.
- Semaine 3 : Abandonnez totalement la combustion. Si vous souhaitez continuer à consommer du cannabis (ou du CBD), utilisez exclusivement un vaporisateur d’herbes sèches. Cela préserve le produit sans la toxicité du tabac et de la fumée.
- Semaine 4 : Substituez consciemment le rituel du joint par une autre activité relaxante qui vous apporte un bien-être réel : une séance de méditation, de cohérence cardiaque, la lecture d’un livre, une tisane…
Tout au long de ce processus, tenir un journal pour noter vos envies, vos réussites et les stratégies qui fonctionnent le mieux pour vous est un excellent outil pour rester motivé et conscient de vos progrès.
À retenir
- Le principal obstacle pour un fumeur mixte est la double dépendance : le tabac dans le joint entretient une puissante addiction à la nicotine qui parasite le sevrage.
- Les sels de nicotine sont un atout stratégique majeur au début du sevrage, car leur absorption rapide imite le « pic » de la cigarette et neutralise efficacement la frustration.
- La clé du succès est un plan de « sevrage dissocié » : utiliser la vape pour isoler et traiter la dépendance à la nicotine, avant de s’attaquer au rituel comportemental du cannabis.
Résistance brûlée : les 3 signes qui doivent vous alerter immédiatement
Vous êtes sur la bonne voie. Vous maîtrisez votre matériel, vous avez trouvé votre liquide et votre taux de nicotine. Mais un jour, une bouffée a un goût âcre, piquant, insupportable : le redouté « dry hit ». C’est le goût du coton de la résistance qui brûle car il n’est pas suffisamment imbibé de liquide. Cet incident, bien que bénin, peut être une source de frustration immense et même un déclencheur de rechute. Le considérer comme un simple problème technique est une erreur ; c’est un obstacle majeur à la pérennité de votre sevrage. Savoir l’identifier et le prévenir est donc une compétence essentielle.
Un « dry hit » n’arrive jamais sans prévenir. Votre cigarette électronique vous envoie des signaux qu’il faut apprendre à écouter. Ignorer ces alertes, c’est aller droit vers une expérience désagréable qui pourrait vous faire douter de la fiabilité de la vape. Les trois signes avant-coureurs d’une résistance en fin de vie ou mal utilisée sont :
- Une perte de saveur : Votre e-liquide préféré semble soudainement fade, moins intense. C’est le premier signe que la résistance commence à s’encrasser et ne vaporise plus le liquide correctement.
- Une production de vapeur réduite : Vous tirez sur votre vape comme d’habitude, mais le nuage est nettement moins dense. C’est un indicateur que la résistance peine à chauffer ou que le coton est saturé de résidus.
- Un léger goût de « chaud » ou de « cramé » : Avant le « dry hit » complet, vous pouvez sentir une note de fond anormale, un peu âcre, qui se mélange à votre arôme. C’est le dernier avertissement avant la brûlure.
Dès que vous percevez l’un de ces signes, n’insistez pas. C’est le moment de changer votre résistance. La prévention est la meilleure des stratégies, comme le montre l’expérience de nombreux vapoteurs aguerris.
Prévention du dry hit pour vapoteur débutant
Un vapoteur débutant français a réussi à éviter systématiquement les dry hits en suivant une check-list simple à chaque changement de résistance. Sa méthode : amorcer la résistance neuve avec 5 gouttes de e-liquide directement sur le coton, remplir le réservoir et attendre 10 minutes, démarrer à 50% de la puissance recommandée, puis augmenter progressivement jusqu’à sa puissance habituelle. Le résultat est sans appel : aucune résistance brûlée en six mois d’utilisation, garantissant une expérience de vape toujours optimale.
Maîtriser son outil, c’est s’assurer une transition sans accroc. Un sevrage est un parcours psychologique ; chaque frustration technique évitée est une victoire qui renforce votre détermination.
Votre transition est une stratégie personnelle. L’étape suivante consiste à mettre en place votre plan de sevrage dissocié. Parlez-en à un tabacologue pour un accompagnement sur mesure ou commencez dès aujourd’hui à appliquer le plan en 4 semaines pour reprendre définitivement le contrôle sur la nicotine.
Questions fréquentes sur La vape est-elle l’outil de transition le plus efficace pour un fumeur mixte (tabac/cannabis) ?
Quel est le premier signe d’une résistance brûlée ?
Un goût âcre et désagréable, comme si vous inhaliez de la fumée d’éponge brûlée, même avec votre e-liquide habituel. C’est le signal d’alarme le plus évident qui indique que le coton à l’intérieur de la résistance a brûlé faute d’être suffisamment imbibé de liquide.
Comment éviter le ‘dry hit’ avec les e-liquides sucrés ?
Les e-liquides gourmands et sucrés (dits « gourmands ») contiennent des édulcorants qui caramélisent sur la résistance et l’encrassent plus rapidement. Pour éviter les dry hits, il est conseillé de nettoyer votre clearomiseur (réservoir) tous les 3-4 jours et de changer la résistance plus fréquemment, idéalement tous les 7 à 10 jours, contre 15 jours pour des liquides moins sucrés.
Combien de temps attendre après remplissage ?
Après avoir rempli votre réservoir avec une résistance neuve, il est impératif d’attendre un minimum de 10 minutes avant la première bouffée. Ce temps, appelé « amorçage », permet au coton de s’imbiber complètement de e-liquide. C’est d’autant plus crucial avec des e-liquides épais, à fort taux de Glycérine Végétale (VG).